Poursuivie pour cybercriminalité: La Criet accorde la liberté provisoire à la comédienne Aurélie Guézo
La Cour de répression des infractions économiques et du terrorisme (Criet) a décidé, cette semaine, d’accorder la liberté provisoire à l’actrice béninoise Aurélie Guézo, poursuivie pour des faits liés à la cybercriminalité. Cette mesure intervient après plusieurs mois de détention provisoire dans un dossier qui trouve son origine dans l’achat d’une carte SIM utilisée dans des opérations d’escroquerie en ligne.
La comédienne béninoise Aurélie Nougloï-Guézo, figure bien connue du milieu artistique pour ses rôles au sein de la troupe Sèmako, a obtenu la liberté provisoire contre caution, a-t-on appris de sources judiciaires concordantes. Cette décision de la Criet intervient après plusieurs mois de procédure et de détention provisoire, marquant une étape importante dans un dossier qui avait suscité une vive attention du public et des médias.
L’origine de l’affaire remonte à l’année 2025 lorsque la comédienne, alors interpellée par les services judiciaires, a été placée en détention provisoire le 30 octobre 2025 dans le cadre d’une enquête pour escroquerie via Internet. L’accusation portée par la Criet repose sur l’utilisation frauduleuse d’une carte SIM enregistrée au nom de l’artiste, ligne qui aurait ensuite servi à commettre des actes d’escroquerie en ligne.
Selon les premières investigations, tout serait parti d’un achat de carte SIM effectué par la comédienne à la demande d’un détenu rencontré lors d’un échange commercial autour de la vente de pagnes. Aurélie Guézo a admis devant la Cour avoir acheté cette carte à la prison d’Abomey-Calavi, expliquant qu’elle avait utilisé sa propre pièce d’identité et ses empreintes pour finaliser la transaction, l’opérateur l’exigeant pour des raisons de procédure. Elle a toutefois nié toute intention de participer à une escroquerie, affirmant n’avoir jamais eu conscience de l’usage frauduleux qui aurait été fait de cette puce.
Durant son audition devant la Criet, la comédienne s’était défendue en larmes, exposant que son implication était le fruit d’un malentendu et d’une volonté d’aider, et non celle d’une complicité volontaire dans une opération illégale. Elle avait également expliqué qu’elle avait demandé la désactivation de la carte une semaine après l’achat, craignant que son identité ne soit utilisée à mauvais escient.
De la détention provisoire à la liberté sous caution
Placée en détention provisoire pendant plusieurs semaines, Aurélie Guézo a finalement obtenu de la Criet une liberté provisoire contre paiement d’une caution, une mesure qui permet à l’accusée de répondre à la justice hors de détention en attendant la poursuite des débats. Cette décision de justice reflète une pratique judiciaire qui cherche à équilibrer la présomption d’innocence et l’urgence d’une instruction approfondie, notamment dans les dossiers sensibles où la détention prolongée peut peser lourdement sur la vie personnelle et professionnelle de la personne poursuivie.
La procédure judiciaire dans ce dossier est toujours en cours, avec l’examen du fond qui se poursuivra devant la Criet à une date ultérieure, permettant aux parties de présenter davantage d’éléments et aux avocats de préparer leurs plaidoiries.
En accordant la liberté provisoire à Aurélie Guézo, la Criet a répondu à une demande formulée par la défense, tout en maintenant le cadre de l’instruction ouverte. Le dossier reste à suivre de près, tant pour ses implications juridiques que pour l’intérêt qu’il suscite auprès de l’opinion publique, en particulier dans le milieu culturel béninois.

