CAN 2025 : l’Égypte renverse la Côte d’Ivoire au terme d’un quart de finale fabuleux (3-2)
Le Grand Stade d’Agadir a été le théâtre d’un quart de finale d’anthologie ce samedi 10 janvier. Dans un match haletant, riche en intensité, en erreurs fatales et en éclairs de génie, l’Égypte a mis fin au parcours de la Côte d’Ivoire, tenante du titre, en s’imposant 3-2. Fidèles à leur réputation, les Pharaons ont frappé aux moments clés, porté par l’expérience de leurs cadres et le talent décisif de Mohamed Salah.
Dès l’entame, l’Égypte a imposé son tempo. À la 4e minute, profitant d’une approximation défensive ivoirienne, Omar Marmoush surgit et ouvre le score, glaçant un public largement acquis à la cause des Éléphants. Les Pharaons, réalistes et parfaitement organisés, ne tardent pas à doubler la mise. Rami Rabia, monté sur coup de pied arrêté, creuse l’écart et place l’Égypte en position idéale.
Cueillie à froid, la Côte d’Ivoire peine à entrer dans son match mais refuse de sombrer. Malgré une possession largement en sa faveur, les hommes d’Émerse Faé se heurtent à un bloc égyptien discipliné, compact, et rompu aux joutes à élimination directe. Juste avant la pause, les Éléphants trouvent toutefois un motif d’espoir : sur une action confuse, Ahmed Fatouh marque contre son camp, relançant totalement la rencontre (2-1).
Au retour des vestiaires, le stade Adrar retient son souffle. La Côte d’Ivoire pousse, le public y croit, mais l’Égypte va une nouvelle fois frapper au moment où le rapport de force semblait basculer. À la 55e minute, Mohamed Salah surgit et inscrit le troisième but égyptien, un véritable coup de massue pour des Ivoiriens qui venaient de retrouver de l’élan. Le capitaine des Pharaons, exemplaire, venait de rappeler pourquoi son équipe reste l’une des plus redoutables de la compétition.
Malgré ce nouveau coup dur, la Côte d’Ivoire n’abdique pas. Elle continue d’attaquer, monopolise le ballon (72 % de possession au total), mais manque cruellement de tranchant dans les trente derniers mètres. Les occasions s’enchaînent sans être concrétisées, preuve d’une jeunesse encore en apprentissage face à un adversaire qui ne pardonne rien. En fin de match, Guéla Doué réduit le score (3-2) et offre une ultime montée d’adrénaline, insuffisante toutefois pour renverser le cours de l’histoire.
Au coup de sifflet final, l’Égypte exulte. Solide défensivement, chirurgicale offensivement, elle a su gérer les temps faibles et résister à la pression ivoirienne, notamment en seconde période. Les champions en titre quittent la CAN, incapables de défendre plus longtemps leur couronne, victimes de leurs erreurs à des moments charnière.
En conférence de presse, Émerse Faé n’a pas caché sa frustration. « Dès que vous leur faites un cadeau, ils punissent », a-t-il analysé, évoquant des erreurs coûteuses et l’expérience égyptienne. Mais au-delà de la déception, cette élimination souligne surtout la jeunesse d’un groupe ivoirien promis à un bel avenir. Cinq titulaires de 24 ans ou moins figuraient dans le onze de départ, face à des Pharaons beaucoup plus aguerris.
Pour l’Égypte, l’aventure se poursuit. Mohamed Salah et ses coéquipiers filent en demi-finales où les attend un nouveau choc de titans face au Sénégal, le 14 janvier. Un rendez-vous explosif pour une équipe égyptienne qui, une fois encore, a rappelé qu’à la CAN, elle reste une maîtresse du temps et des grands rendez-vous.

