CAN 2025 : l’Algérie déraille en quarts mais regarde droit vers la Coupe du monde
L’aventure algérienne à la CAN 2025 s’est brutalement arrêtée samedi 10 janvier au stade de Marrakech. Opposés au Nigeria en quarts de finale, les Fennecs ont été dominés de bout en bout par des Super Eagles réalistes et supérieurs (2-0). Une élimination douloureuse, marquée par de fortes tensions en fin de rencontre, mais qui n’efface pas totalement les motifs d’espoir à cinq mois de la Coupe du monde 2026.
Face au Nigeria, l’Algérie n’a jamais trouvé le tempo. Dès les premières minutes, les hommes de Vladimir Petkovic ont subi l’impact physique et l’intensité nigériane. Solides dans les duels, rapides dans les transitions, les Super Eagles ont progressivement éteint toute velléité offensive algérienne. En 90 minutes, les Fennecs n’ont cadré aucun tir, se contentant de trois tentatives sans réel danger. Une statistique cruelle qui résume l’impuissance offensive algérienne.
Le contraste avec le précédent de 2019 est saisissant. À l’époque, lors de la CAN en Égypte, l’Algérie avait dominé le Nigeria en demi-finale grâce à un coup franc magistral de Riyad Mahrez dans le temps additionnel, avant de soulever le trophée face au Sénégal. Six ans plus tard, le rapport de force s’est inversé. Cette fois, c’est le Nigeria qui sourit, affirmant sa supériorité collective et tactique.
Symbole de cette soirée difficile, Riyad Mahrez est resté transparent. Pour celui qui disputait la dernière CAN de sa carrière internationale, la sortie est amère. Peu en vue, touchant à peine 36 ballons et sans aucune influence dans la surface adverse, le capitaine algérien a quitté la pelouse à l’heure de jeu, laissant derrière lui un sentiment d’inachevé.
Des échauffourées ternissent la fin de match
Au coup de sifflet final, la frustration a laissé place à la tension. Sur le terrain, des accrochages ont éclaté entre joueurs, notamment entre Luca Zidane et certains Nigérians. Dans les tribunes, des supporters algériens ont dû être contenus par les forces de sécurité pour éviter des débordements et des jets de projectiles. Même la zone mixte n’a pas été épargnée, avec des altercations entre journalistes, nécessitant une intervention pour rétablir le calme.
Côté algérien, l’arbitrage du Sénégalais Issa Sy a également été pointé du doigt. Plusieurs joueurs ont regretté l’absence d’intervention de l’arbitrage vidéo sur une main nigériane en première période. « L’arbitrage n’était pas au top », a estimé Rayan Aït-Nouri, tout en reconnaissant la supériorité du Nigeria.
Une élimination, mais des raisons d’y croire
Malgré la déception, le parcours algérien au Maroc ne manque pas d’enseignements positifs. De jeunes joueurs se sont révélés et ont montré qu’ils pouvaient incarner l’avenir des Verts. Luca Zidane a rassuré dans les buts, Mohamed Amoura s’est illustré par son volume de jeu et sa générosité, Ibrahim Maza a confirmé son talent technique, tandis qu’Adil Boulbina a marqué les esprits avec un but spectaculaire au tour précédent.
Surtout, l’Algérie doit déjà se projeter vers l’essentiel : la Coupe du monde 2026. Dans cinq mois, le 11 juin, les Verts feront leur retour sur la scène mondiale, douze ans après leur mémorable parcours au Brésil. Versés dans le groupe J, ils affronteront l’Argentine, championne du monde en titre, l’Autriche et la Jordanie. Un défi immense, mais stimulant.
Pour Rayan Aït-Nouri, le mot d’ordre est clair : « Il faut rester soudés ». Vladimir Petkovic dispose désormais de quelques mois pour corriger les lacunes observées à la CAN et capitaliser sur les promesses entrevues. Si l’élimination face au Nigeria a laissé des traces, elle n’a pas brisé l’élan d’un groupe qui rêve désormais de briller sur la plus grande scène du football mondial.

