Vœux de Joël Aïvo : “Vous pouvez à nouveau, tenter d’écrire les prochains chapitres de votre vie”
Dans un message de vœux transmis depuis sa cellule, le professeur Frédéric Joël Aïvo appelle ses compatriotes à ne pas renoncer à la vie ni à l’espérance, malgré les épreuves personnelles et collectives.
Privé de liberté mais pas de parole, l’universitaire béninois a choisi le passage à une nouvelle année pour rappeler la force de la résilience et de la foi en l’avenir.
Dans un message sobre et profondément humain, le professeur Frédéric Joël Aïvo s’est adressé aux Béninois à l’occasion du passage à la nouvelle année. Écrivant depuis sa prison, l’enseignant de droit constitutionnel invite chacun à regarder l’essentiel : la vie, malgré les douleurs, les pertes et les incertitudes qui ont marqué l’année écoulée.
« De 2025, il est resté l’essentiel : votre vie », écrit-il, évoquant tour à tour la maladie, la séparation, le deuil, les revers professionnels et l’angoisse de l’avenir. Loin du découragement, son message se veut un appel à la persévérance. Pour le professeur Aïvo, l’espoir n’est pas une posture naïve, mais une exigence intérieure : « le ciel ne vient pas au secours de celui qui renonce », affirme-t-il, exhortant chacun à continuer le combat, même lorsque tout semble perdu.
Son message se conclut par des vœux simples mais forts : profiter de sa famille, ne pas bouder la vie et se souvenir qu’elle est unique. Un ton apaisé, presque pastoral, qui tranche avec la dureté de sa situation personnelle et renforce la portée symbolique de ses mots.
Rappel…
Une détention au cœur des controverses
Arrêté en 2021, le professeur Frédéric Joël Aïvo avait été interpellé dans un contexte politique tendu, alors qu’il était perçu comme une figure intellectuelle critique du pouvoir. Il a ensuite été jugé et condamné par la Cour de répression des infractions économiques et du terrorisme (CRIET). Depuis, il est détenu dans une prison béninoise.
Sa condamnation a suscité une vague de protestations au-delà des frontières du Bénin. Des universitaires, chercheurs et intellectuels de renom, issus de plusieurs pays, ont adressé des lettres ouvertes au président Patrice Talon, dénonçant ce qu’ils considèrent comme une atteinte grave à la liberté académique et à l’État de droit.
Surtout, la Commission des droits de l’homme des Nations unies s’est prononcée sur son cas, estimant que sa détention était arbitraire et appelant les autorités béninoises à prendre des mesures correctives. Une position internationale qui continue d’alimenter le débat autour de la situation du professeur Aïvo, dont la voix, malgré la prison, demeure entendue.

