Coup d’Etat/Opération diplomatique: Goodluck Jonathan exfiltré de Guinée-Bissau
L’ancien président nigérian raconte l’intervention ivoirienne qui lui a permis de quitter le pays
Au cœur du coup de force survenu en Guinée-Bissau, l’ancien président nigérian Goodluck Jonathan a vécu, selon ses propres mots, « l’une des évacuations les plus délicates » de sa carrière en mission internationale. Présent dans le pays dans le cadre d’une mission d’observation électorale, l’ancien chef d’État a été surpris par l’interruption brutale du processus de proclamation des résultats, suivie de la prise de contrôle annoncée par un groupe de militaires.
Dans un récit exclusif, Goodluck Jonathan a révélé qu’une double opération d’extraction avait été déclenchée pour assurer sa sécurité. Deux avions ont été dépêchés, l’un par le Nigeria et l’autre par la Côte d’Ivoire, alors que la situation se dégradait rapidement dans la capitale. « Deux appareils avaient été mis en route, mais c’est l’avion ivoirien qui a obtenu en premier l’autorisation d’atterrir », explique-t-il.
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L’aéronef envoyé par Abidjan avait été affrété sur instruction du président Alassane Ouattara, dont la démarche diplomatique a permis une évacuation rapide et sans incident. Selon Goodluck Jonathan, les autorités ivoiriennes ont mené des négociations serrées pour sécuriser la fenêtre d’atterrissage, dans un contexte où les accès étaient étroitement contrôlés par les forces putschistes.
L’ancien président a également tenu à exprimer sa gratitude envers le président nigérian Bola Ahmed Tinubu, qui avait simultanément mobilisé les moyens nécessaires pour assurer sa protection. « Je remercie chaleureusement les présidents Tinubu et Ouattara. Leur coordination a été exemplaire », a affirmé Goodluck Jonathan, saluant une solidarité régionale « déterminante en période de crise ».
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Cette opération éclair met en lumière l’importance croissante des interventions diplomatiques concertées au sein de l’espace ouest-africain face aux tensions récurrentes en Guinée-Bissau. Elle soulève également une question centrale : jusqu’où les États de la région sont-ils prêts à aller pour sécuriser les missions électorales et soutenir la stabilité institutionnelle dans un pays régulièrement secoué par des ruptures de l’ordre constitutionnel ?
Pour l’heure, les réactions régionales se multiplient, tandis que la CEDEAO et l’Union africaine tentent de coordonner leurs efforts pour ramener le calme et relancer le processus électoral. L’expérience vécue par Goodluck Jonathan rappelle, une fois de plus, la fragilité de la situation politique en Guinée-Bissau et la nécessité d’une vigilance diplomatique accrue.
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Déclaration :
L’ancien président nigérian ,Goodluck Jonathan, qui dirigeait la mission d’observation électorale du Forum des anciens de l’Afrique de l’Ouest, donne ses impressions sur la situation en Guinée Bissau
« »Je tiens à remercier mon président, le président Tinubu, et le président ivoirien,Alassane Ouattara.
Tous deux devaient envoyer des avions pour nous rapatrier, mais la Côte d’Ivoire, plus proche de la Guinée-Bissau et ayant des relations étroites entre pays francophones et lusophones, a pu obtenir une autorisation d’atterrissage avant le Nigéria.
Nous avons donc demandé au gouvernement nigérian de ne pas intervenir, puisque l’avion ivoirien était déjà arrivé.
Ce qui s’est passé en Guinée-Bissau n’était pas un coup d’État. C’est le président (Umaro Embalo) qui l’a annoncé. Pendant le coup d’État, c’est lui qui appelait les médias pour le clamer haut et fort. Je suis Nigérian et je sais comment les chefs d’État sont traités lors d’un coup d’État » déclare t’il

