Marché régional des titres: 2 057 milliards Fcfa de besoins de financement de fin d’année
Les États de l’Union monétaire ouest-africaine prévoient de mobiliser près de 2 057 milliards Fcfa sur le marché régional entre octobre et décembre 2026. Le calendrier publié par Umoa-Titres ne fait apparaître aucune adjudication du Bénin sur cette période.
Les besoins de financement des États de l’Union monétaire ouest-africaine (Umoa) restent importants à l’approche de la fin de l’année. Selon le calendrier des émissions publié le 9 octobre 2026 par Umoa-Titres, les Trésors publics prévoient de mobiliser au total 2 056,79 milliards Fcfa par adjudication au cours du quatrième trimestre. Cette programmation concerne les huit pays de l’Union, mais le document ne prévoit aucune opération du Bénin entre octobre et décembre.
Dans sa note aux investisseurs, UMOA-Titres répartit les montants annoncés entre 425 milliards FCFA de bons assimilables du Trésor (BAT) et 1 632 milliards FCFA d’obligations assimilables du Trésor (OAT). Les obligations représentent ainsi près de 79,4 % du volume prévu. Cette prédominance traduit la place des emprunts à moyen et long termes dans le programme de financement régional.
Abidjan et Dakar en première ligne
La programmation est dominée par la Côte d’Ivoire, dont les émissions prévues atteignent environ 804 milliards FCFA. Le Sénégal suit avec 478,1 milliards FCFA, devant le Mali, le Niger et le Burkina Faso. Ces volumes montrent le poids des deux principales signatures dans l’offre de titres attendue sur le marché régional.
La répartition mensuelle prévoit 693,91 milliards FCFA en octobre, 710 milliards en novembre et 652,88 milliards en décembre. Les émissions seront réalisées selon des calendriers propres à chaque État et pourront combiner bons du Trésor à court terme et obligations de maturités plus longues.
Ces montants restent des intentions d’émission. Les sommes effectivement levées dépendront des résultats des adjudications, de la demande des investisseurs et des éventuels ajustements opérés par les Trésors publics.
Le Bénin absent du calendrier
L’élément qui retient l’attention dans ce programme est l’absence du Bénin parmi les émetteurs inscrits aux adjudications du quatrième trimestre. Alors que les sept autres États disposent d’opérations programmées, aucune ligne ne mentionne une émission béninoise pour les trois derniers mois de l’année.
Cette absence doit toutefois être interprétée avec prudence. Elle ne signifie pas que le Bénin n’a aucun besoin de financement, ni qu’il renonce définitivement au marché régional. Le calendrier publié par UMOA-Titres constitue une programmation prévisionnelle et ne permet pas, à lui seul, de connaître les arbitrages du Trésor béninois ou les éventuelles modifications ultérieures.
Pour apprécier la portée de cette situation, il conviendra de la rapprocher des besoins de trésorerie de l’État, de son exécution budgétaire et des emprunts déjà mobilisés au cours des neuf premiers mois de 2026. La comparaison avec les calendriers précédents permettra également de déterminer si cette absence correspond à une évolution inhabituelle ou à une stratégie de financement ponctuelle.
À l’échelle régionale, le quatrième trimestre constituera donc une nouvelle séquence importante pour les finances publiques. Les résultats des adjudications permettront de mesurer la capacité des États à mobiliser les ressources annoncées et les conditions auxquelles les investisseurs accepteront de financer leurs besoins.

