Tchad : Douze morts dans un conflit entre éleveurs et agriculteurs
Un affrontement autour d’un couloir de transhumance a fait au moins douze morts et plusieurs blessés, dimanche 18 octobre, dans la province du Salamat, au sud-est du Tchad. Les autorités ont déployé des renforts sécuritaires pour prévenir de nouvelles violences.
Un désaccord sur le passage de troupeaux a viré au drame dans le sud-est du Tchad. Au moins douze personnes ont été tuées dimanche 18 octobre lors d’affrontements entre des éleveurs nomades de la communauté arabe et des agriculteurs de la communauté Dagal, près du village de Kouzi-Wahit, non loin de Mouraye, dans le département du Bahr-Azoum, province du Salamat.
Selon les informations rapportées par des sources locales, le conflit est parti d’une contestation du tracé d’un chemin de transhumance. Les éleveurs souhaitaient faire traverser leurs troupeaux sur des terres cultivées, une perspective à laquelle les agriculteurs se sont opposés. La confrontation a fait plusieurs blessés et les victimes seraient majoritairement issues de la communauté agricole.
La transhumance, une source récurrente de tensions
Face au risque d’une escalade, les autorités locales se sont rendues sur les lieux mardi 20 octobre. Le délégué général et le président du conseil provincial, accompagnés de renforts militaires, ont entrepris des démarches pour apaiser les tensions et sécuriser la zone. Ces violences s’inscrivent dans un contexte de conflits récurrents entre agriculteurs et éleveurs au Tchad. La concurrence autour des terres cultivables, des pâturages et des points d’eau, aggravée par les difficultés climatiques, alimente régulièrement les affrontements au cours de la transhumance.
La circulation accrue des armes dans la région, notamment depuis le déclenchement de la guerre au Soudan voisin, contribue également à rendre ces conflits particulièrement meurtriers. Cette année, les faibles précipitations et les inquiétudes liées au phénomène climatique El Niño font craindre une aggravation des tensions autour des ressources naturelles. La raréfaction des pâturages et de l’eau peut contraindre les troupeaux à emprunter des itinéraires plus disputés et accentuer les rivalités avec les communautés agricoles.
Au-delà du déploiement sécuritaire, ce nouvel épisode meurtrier souligne la nécessité de prévenir les conflits liés à la transhumance, notamment par une meilleure délimitation des couloirs de passage, le dialogue entre communautés et la gestion concertée des ressources naturelles.

