Père Pamphile Fanou : « Le rosaire, une arme spirituelle à ne pas négliger »
En ce mois marial, le père Pamphile Fanou invite les fidèles catholiques à redécouvrir la puissance spirituelle du chapelet et du rosaire. A travers des témoignages tirés de son ministère d’exorciste, il souligne la place de l’intercession de la Vierge Marie, qui conduit les croyants vers Jésus-Christ, et appelle à faire de cette prière une pratique quotidienne, au-delà du mois consacré à Marie.
Je me rappelle, il y avait un confrère, un professeur du séminaire, qui, dans ses cours, disait : « Le Père Pamphile, lui, quand il fait les exorcismes, chaque fois, il dit le nom de la Vierge Marie, alors que c’est Jésus qui guérit. Je ne sais pas ce que c’est que ces aberrations. »
Alors, un jour, certains de ses étudiants sont venus me dire : « Notre professeur a dit qu’au lieu de s’adresser à Jésus, toi, tu t’adresses à la Vierge Marie. » Et je leur ai dit ceci : « C’est toujours Jésus qui guérit. Je m’adresse toujours à Jésus. Mais quand je prie et que je n’ai pas satisfaction, que ça dure, je passe par Marie. Je demande à Marie d’intercéder pour moi. Et quand Marie intercède pour moi, ça va vite. »
Donc Marie, c’est le raccourci pour aller à Jésus. Marie, c’est le raccourci pour aller vers Jésus. Et quand vous passez par Marie pour aller à Jésus, le résultat est déjà garanti, parce que Marie sait comment présenter nos situations à son Fils.
Ce confrère, ce professeur du séminaire, il a eu sa propre sœur qui était malade. Et il me l’a amenée à la paroisse pour prier. On a prié. Première séance, il n’y a rien eu. J’ai dit : « Maman Marie, je te confie telle dame. » À peine on a commencé à réciter les litanies de la Vierge Marie, la dame est tombée, et elle était délivrée.
Alors le professeur n’en revenait pas. Il dit : « Mais ce n’est pas possible ! » Il dit : « Je vais revoir ma théologie. » Il a dit : « Non, mais pourquoi tu as appelé Marie et le diable a fui ? » Je lui ai dit : « Non, ce n’est pas Marie qui a chassé le diable. C’est Marie qui a confié l’intention à Jésus, et Jésus a chassé le diable. » Donc, avec Marie, ça va vite.
Et là même, je dirais que le chapelet, le rosaire, c’est encore plus important, plus solide que la prière d’exorcisme. Parce que ma première expérience dans le domaine de l’exorcisme, quand je n’étais pas encore nommé exorciste, il y avait le père Dagnon, l’exorciste du diocèse, qui était malade. On m’a fait venir une petite qui avait à peine neuf ans.
Et on a prié, fatigués. Le démon nous narguait. Et puis j’ai été chercher la prière d’exorcisme du père Dagnon. Et j’ai commencé à réciter. Le démon m’a dit : « Mais es-tu autorisé à dire cette prière-là ? Tu es dans la désobéissance comme moi. Tu ne peux pas réciter dans la désobéissance et me chasser, tu le sais. » J’avais honte. J’ai laissé la prière et j’ai pris mon chapelet.
Et dès que j’ai commencé à réciter le chapelet, il dit : « Imbécile ! Imbécile ! » Il est tombé et il est parti. J’ai dit : « Mais quand même ! J’aurais pu quand même commencer par le chapelet ! C’était si simple. » Et donc, depuis ce jour-là, j’ai compris l’importance du chapelet et du rosaire.
On pense que l’efficacité de la prière, c’est dans les formules énormes. Non. Notre chapelet, c’est une arme très efficace que le démon ne supporte pas. Quand vous commencez à réciter le chapelet, c’est comme si vous envoyiez des bombes dans le camp du démon. Et il ne supporte pas.
Parfois même, il crie : « Tu n’appelles plus ce nom-là à côté de moi ! N’appelle plus ce nom ! » Parce qu’il ne supporte pas ce nom. Ce nom lui rappelle beaucoup d’échecs, beaucoup.
Et donc, avec le chapelet, vous mettez les barrières qu’il faut et la sécurité spirituelle qu’il faut. Moi, je ne peux pas passer une journée sans réciter mon rosaire. Quelle que soit la fatigue, je récite le rosaire, toujours avant d’aller me coucher. Je peux marcher et ça me permet même de faire mon sport, la marche tous les soirs, avec le rosaire. Quand je finis, je m’en vais me coucher.
Je peux être fatigué de n’importe comment, je dis le rosaire et ça me permet d’être solide pour affronter le démon. Dès que je fais sortir le chapelet, déjà lui-même, c’est que l’arme est sortie. Il n’y a plus d’espoir pour lui.
J’invite tous les fidèles à réciter le chapelet, surtout durant ce mois-ci, et même après ce mois, parce qu’il ne faudra pas seulement limiter la récitation du chapelet à un mois. Non, tous les jours. Parce que le démon, il est là où Dieu construit son Église, le démon construit sa chapelle à côté. Donc, toujours, il nous guette.
C’est dit en 1 Pierre, chapitre 5 : « Soyez vigilants, votre adversaire, le démon, comme un lion, va et vient à la recherche de sa proie. » Il tourne autour de chacun de nous.
Père Pamphile FANOU

