Super Holidays 2026: Les vacances transformées en école des talents

Super Holidays 2026: Les vacances transformées en école des talents

Une soixantaine d’enfants ont pris part à la troisième édition du projet Super Holidays, initié par Mod’In Création, du 2 au 30 juillet 2026, sous la direction de sa promotrice, Amandine Djaho. A travers des ateliers mêlant art, créativité, expression orale, cuisine, danse, théâtre et fabrication d’accessoires, l’initiative entend transformer les vacances scolaires en une période d’apprentissage, de découverte et d’épanouissement. La restitution des travaux s’est tenue le jeudi 30 juillet à Abomey-Calavi, en présence des parents et de plusieurs acteurs du monde culturel et artistique.

Ce moment a permis aux différents ateliers de présenter le fruit de leur travail et de montrer les compétences développées au cours de cette période. En effet, pendant près d’un mois, du 2 au 30 juillet, les participants se sont retrouvés les mardis et jeudis, de 15 heures à 18 heures, pour apprendre autrement. Car, pour Amandine Djaho, l’ambition de Super Holidays dépasse largement le simple divertissement des enfants pendant les vacances.

« L’idée derrière les Super Holidays, c’est de faire passer aux enfants des moments Ludo-créatifs pendant les vacances », explique-t-elle. A travers cette approche, la promotrice veut surtout permettre aux jeunes de découvrir et de travailler leurs passions afin qu’elles puissent, à terme, devenir « une seconde corde à leur arc ». Amandine Djaho insiste : « Nous sommes aujourd’hui dans un monde pluripotentiel et il faut un peu de tout pour pouvoir être compétitif sur le marché ».

Des ateliers pour apprendre, créer et prendre confiance

Placée sous le thème « Révéler des talents, former des leaders », cette troisième édition a proposé plusieurs ateliers destinés à répondre à différents centres d’intérêt des participants. L’art oratoire figurait parmi les activités phares. L’objectif était notamment d’aider les enfants à vaincre leur timidité, à prendre la parole en public et à apprendre à défendre leurs idées et leurs droits. Pour Casimir Djidago, professeur de français et encadreur de cet atelier, l’école ne doit pas seulement préparer les enfants à décrocher des diplômes. « Pour avoir le diplôme, il faut pouvoir prendre la parole et se défendre », estime-t-il.

Durant les séances, les participants ont travaillé sur la prise de parole en public, la gestion de l’espace, le ton, le temps ainsi que les gestes à utiliser pour convaincre un auditoire. Une approche qui semble avoir produit des effets sur certains participants. Dona Houénou, élève en classe de 1ère D, confie avoir suivi l’atelier d’art oratoire parce qu’elle souhaitait notamment dépasser son caractère introverti. « Cette formation m’a permis de m’ouvrir à de nouvelles choses, de découvrir d’autres horizons », témoigne-t-il.

La cuisine et la pâtisserie ont également occupé une place importante dans le programme. Les enfants ont appris à réaliser des gâteaux, des crêpes et certains mets africains, notamment la pâte accompagnée de sauce crincrin. Pour Amandine Djaho, ces apprentissages peuvent aussi avoir une utilité concrète au quotidien, en permettant aux enfants de devenir progressivement autonomes dans certaines tâches domestiques.

Imelda Amoussouvi, élève en classe de 1ère D, a particulièrement apprécié cette expérience. « On nous a appris comment faire un gâteau chocolaté, moelleux et aussi des mets africains », raconte-t-elle. Pour elle, même pendant les vacances, il est important de « se divertir sainement », tout en développant des compétences susceptibles de servir plus tard.

L’atelier de fabrication d’accessoires a, de son côté, ciblé les enfants attirés par le bricolage et la création manuelle. Il s’agit, selon la promotrice, de leur permettre de perfectionner une passion et, pourquoi pas, d’en faire ultérieurement une activité professionnelle.

Le témoignage d’Euloge Agani illustre cette démarche. Sa fille Colombe, inscrite à l’atelier de fabrication d’accessoires, manifestait déjà depuis plusieurs mois un intérêt pour cette activité. « Très tôt, j’ai découvert que ma fille avait un talent caché que les formateurs ont contribué à aiguiser, à éveiller en elle », témoigne-t-il. A la maison, l’enfant reprenait les exercices réalisés durant les séances et demandait déjà à aller plus loin.

Des vacances qui préparent déjà l’avenir

Pour ce parent, Super Holidays ne constitue donc pas une simple occupation de vacances. « Au-delà du fait que les enfants se distraient, c’est une formation en bonne et due forme », soutient-il. A ses yeux, l’initiative permet de révéler des aptitudes que les enfants eux-mêmes et leurs parents ne soupçonnent pas toujours.

L’art plastique, la danse et le théâtre ont également fait partie des activités proposées. Ces disciplines ont notamment été retenues pour stimuler la créativité, permettre aux enfants de mieux exprimer leurs émotions et renforcer leur confiance en eux.

Rose Sossou-Houessou, qui a inscrit sa nièce Marie Loth Azandégbé, élève en classe de 6e, à l’atelier d’art plastique, explique avoir voulu l’éloigner quelque peu des écrans durant les vacances. Passionnée de dessin et de peinture, la jeune participante avait déjà l’habitude de dessiner à la maison.

Le suivi d’un encadreur lui a toutefois permis, selon sa tutrice, de franchir un nouveau cap. « On a pu remarquer aussi qu’il y a eu une certaine amélioration dans ce qu’elle avait l’habitude de dessiner », observe-t-elle. Désormais, ses productions présentent davantage de cohérence et de profondeur, avec « une certaine description, une certaine logique ».

Pour Amandine Djaho, cette troisième édition constitue une nouvelle étape dans la maturation du projet. Après deux premières expériences, l’objectif était de donner davantage de structure et de cohérence aux activités proposées. Pour les prochaines éditions, elle ambitionne d’aller encore plus loin avec des ateliers davantage pratiques et « super créatifs ».

Amandine Djaho est elle-même diplômée de l’École nationale d’administration et de magistrature (Enam) en administration du travail et de la sécurité sociale, avant d’effectué une reconversion professionnelle dans l’artisanat et la mode avant de créer Mod’In Création, une marque béninoise de vêtements et d’accessoires.

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