Aviculture africaine : La Cada veut bâtir la souveraineté alimentaire du continent

Aviculture africaine : La Cada veut bâtir la souveraineté alimentaire du continent

Réunie à Cotonou en marge du premier Salon expo avicole du Bénin, la Confédération des organisations africaines pour le développement de l’aviculture (Cada) a appelé à une coopération renforcée entre les pays africains pour accélérer l’autosuffisance en produits avicoles. Les acteurs du secteur veulent faire de l’aviculture un véritable levier de souveraineté alimentaire.

Pendant deux jours, Cotonou est devenue la capitale africaine de l’aviculture. En marge de la première édition du Salon expo avicole du Bénin, la Confédération des organisations africaines pour le développement de l’aviculture (Cada) a tenu, vendredi 26 juin, son assemblée générale ordinaire avec la participation de délégations venues d’une vingtaine de pays.

Pour les professionnels du secteur, l’enjeu dépasse largement la simple production de volaille. Il s’agit désormais de faire de l’aviculture un pilier de la sécurité alimentaire et de la souveraineté des États africains. Le directeur de l’Élevage au ministère béninois de l’Agriculture, Dr Yao Akpo, a salué la mobilisation des acteurs du continent. « Votre présence à Cotonou témoigne de votre engagement en faveur d’une agriculture africaine durable, moderne et intégrée », a-t-il déclaré.

Selon lui, l’aviculture s’impose aujourd’hui comme l’un des secteurs les plus dynamiques des économies agricoles africaines.

« Au-delà de sa contribution à la sécurité alimentaire et nutritionnelle, elle est un puissant vecteur d’inclusion sociale et de création d’emplois, en particulier pour les jeunes et les femmes », a-t-il souligné.

Mais les défis restent nombreux. La hausse du coût des intrants, les maladies aviaires, les effets du changement climatique, les difficultés d’accès au financement ou encore la concurrence des importations continuent de freiner le développement de la filière dans plusieurs pays.

Mutualiser les expériences africaines

Pour le président de la Cada, Youssef Alaoui, les pays africains font face aux mêmes contraintes et doivent désormais construire des réponses communes.

« Nous avons beaucoup à développer ensemble. Nous connaissons les mêmes problèmes et nous partageons tous la volonté de développer la sécurité et la souveraineté alimentaires dans nos pays », a-t-il affirmé.

L’objectif affiché est clair : permettre à l’ensemble des pays africains d’atteindre progressivement l’autosuffisance en viande de volaille et en œufs. « Certains pays sont déjà arrivés à une autosuffisance totale. L’idée est que nous puissions mutualiser nos efforts afin que tous les pays africains puissent parvenir à une autosuffisance sur cette protéine du poulet, qui reste la moins chère pour les consommateurs », a expliqué le président de la Cada. Les échanges ont notamment porté sur les besoins en poussins, la disponibilité des œufs à couver, les questions sanitaires ainsi que les complémentarités entre les différents marchés nationaux.

Les représentants togolais ont notamment évoqué leurs besoins en poussins, tandis que d’autres pays disposent d’importantes capacités de production pouvant répondre à cette demande régionale.

Le Bénin veut accélérer sa filière

Pour le président de l’Interprofession avicole du Bénin, Léon Anago, l’accueil de cette assemblée continentale représente une opportunité importante pour la filière nationale. « Nous sommes près de vingt-cinq pays au sein de la Cada et nous ne sommes pas au même niveau. Le Bénin est un grand bénéficiaire de cette rencontre », a-t-il indiqué. Il cite notamment l’exemple du Maroc, pays hôte du siège de la Cada, qui a atteint l’autosuffisance aussi bien dans la production d’œufs que de poulets de chair.

« Cette assise nous permet de savoir quelles aides et quels accompagnements peuvent être apportés aux pays qui sont encore en développement », a-t-il ajouté. Le président de l’Interprofession de la filière avicole du Sénégal, Dr El Hadji Mamadou Diouf, s’est également réjoui de la tenue de cette assemblée à Cotonou.

« La filière avicole du Bénin est en train de prendre son envol », a-t-il estimé, saluant l’organisation du premier Salon expo avicole béninois.

Au-delà des rapports moral et financier examinés durant cette assemblée générale, les participants repartent avec une conviction commune : la souveraineté alimentaire africaine passera aussi par une filière avicole plus forte, plus intégrée et davantage tournée vers la production locale.

Pour le Bénin, qui cherche à développer sa production nationale et à réduire sa dépendance aux importations, les enseignements tirés de cette rencontre pourraient contribuer à accélérer la transformation de la filière dans les années à venir.

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