Bénin: Wadagni revoit l’architecture budgétaire et porte les dépenses de l’État à plus de 4.086 milliards Fcfa
Moins d’un mois après son entrée en fonction, le président Romuald Wadagni imprime sa marque sur la politique budgétaire du Bénin. Réuni en Conseil des ministres ce mercredi 3 juin, le gouvernement a adopté un projet de loi de finances rectificative qui porte le budget de l’État à 4.086,620 milliards de FCFA, contre 3.783,984 milliards initialement prévus. Cette hausse de 8 % vise à financer les priorités sociales, éducatives, sanitaires et sécuritaires du nouveau pouvoir tout en maintenant l’ambition d’une croissance économique de 7,5 % en 2026.
Le gouvernement béninois engage une révision majeure de son cadre budgétaire pour l’exercice 2026. Au terme du Conseil des ministres présidé par le chef de l’État, Romuald Wadagni, un projet de loi de finances rectificative a été transmis à l’Assemblée nationale pour examen et adoption.
Cette révision intervient dans un contexte marqué par la restructuration de l’équipe gouvernementale et la mise en œuvre des nouvelles orientations présidentielles. Selon l’exécutif, les priorités définies par le nouveau président nécessitent un réajustement substantiel des équilibres budgétaires adoptés à la fin de l’année dernière.
Le budget général de l’État passerait ainsi de 3.783,984 milliards à 4.086,620 milliards de FCFA, soit une augmentation de plus de 302 milliards de FCFA. Une progression qui traduit la volonté du gouvernement de soutenir simultanément les investissements publics et plusieurs programmes sociaux à fort impact.
Une croissance maintenue malgré les nouveaux engagements
L’un des principaux enseignements de cette loi de finances rectificative réside dans le maintien de la prévision de croissance économique à 7,5 % pour l’année 2026.
Ce choix traduit la confiance des autorités dans la capacité de l’économie béninoise à poursuivre sa dynamique malgré l’augmentation des dépenses publiques. Dans le même temps, le gouvernement prévoit une hausse de 2 % des recettes budgétaires, signe d’un pari sur la poursuite de la mobilisation des ressources internes et de la performance de l’administration fiscale.
Autre élément notable : les dépenses de personnel enregistreraient une baisse de 9,8 %. Une orientation qui témoigne de la volonté de contenir les charges de fonctionnement de l’État tout en préservant les recrutements déjà programmés dans plusieurs secteurs prioritaires.
Parallèlement, les dépenses d’investissement progresseraient de 8,5 %, confirmant le choix de privilégier les projets structurants et les investissements productifs.
Le social au cœur des nouveaux arbitrages
L’une des principales innovations du collectif budgétaire concerne la création de nouvelles lignes de dépenses consacrées aux mesures sociales annoncées par le président Romuald Wadagni lors de la campagne présidentielle.
Parmi les programmes concernés figurent la réalisation de points d’eau dans les écoles et les centres de santé, l’accélération du programme de supplémentation nutritionnelle des enfants durant les mille premiers jours de vie, le renforcement du dispositif d’assurance maladie obligatoire ainsi que la prise en charge des personnes en situation de mendicité et des enfants vivant dans la rue.
Ces mesures traduisent la volonté affichée par le nouveau pouvoir de renforcer le capital humain, considéré comme l’un des principaux moteurs de la croissance à long terme.
Gratuité scolaire et cantines : l’éducation renforcée
Le secteur éducatif bénéficie également d’une attention particulière.
Le gouvernement prévoit le lancement de la généralisation de la gratuité des frais de scolarité pour les filles de l’enseignement secondaire général à compter de la rentrée scolaire 2026-2027.
Cette mesure constitue l’une des promesses phares du projet de société du président Wadagni. Elle vise à améliorer l’accès des jeunes filles à l’éducation et à réduire les inégalités scolaires, notamment dans les zones rurales.
La construction de magasins destinés aux cantines scolaires figure également parmi les nouveaux investissements retenus, dans une logique de renforcement de la sécurité alimentaire et du maintien des élèves dans le système éducatif.
Santé, infrastructures et sécurité : des investissements stratégiques
Le collectif budgétaire prévoit également un renforcement significatif du Programme d’investissements publics.
Les crédits supplémentaires serviront notamment à soutenir la construction et la réhabilitation d’hôpitaux et de centres de santé, à accélérer la nouvelle phase opérationnelle du Centre hospitalier international de Calavi (CHIC) ainsi qu’à financer des infrastructures d’assainissement et de transport.
Dans le domaine sécuritaire, le gouvernement entend renforcer le réseau national de sécurité publique grâce à une dotation réévaluée destinée au déploiement de systèmes de vidéoprotection dans les principales agglomérations du pays.
Cette orientation s’inscrit dans une stratégie globale visant à améliorer la sécurité urbaine et à accompagner l’expansion rapide des grandes villes béninoises.
Un soutien à l’agriculture face aux tensions mondiales
Le secteur agricole n’est pas en reste.
Face aux effets persistants des crises géopolitiques sur les marchés internationaux, le gouvernement prévoit de renforcer la subvention des intrants agricoles.
L’objectif est double : protéger le pouvoir d’achat des producteurs et garantir la sécurité alimentaire nationale dans un contexte où les coûts de production demeurent fortement influencés par les tensions sur les chaînes d’approvisionnement mondiales.
Cette mesure devrait contribuer à préserver la compétitivité de l’agriculture béninoise tout en limitant les risques de hausse des prix alimentaires.
Au-delà des chiffres, cette loi de finances rectificative constitue le premier grand acte économique du quinquennat de Romuald Wadagni. Elle révèle une stratégie fondée sur la combinaison de l’investissement public, du soutien aux secteurs sociaux et de la consolidation des infrastructures. Reste désormais l’étape parlementaire, où le gouvernement devra défendre ses choix devant les députés afin d’obtenir l’adoption définitive de ce budget révisé qui porte l’empreinte des priorités du nouveau chef de l’État.

