Guerre au Moyen-Orient: 5 millions de tonnes de CO2 ont déjà été émises, selon un rapport

Guerre au Moyen-Orient: 5 millions de tonnes de CO2 ont déjà été émises, selon un rapport


Au-delà des pertes humaines et des destructions matérielles, le conflit au Moyen-Orient entraîne des conséquences environnementales significatives. Selon un rapport du Climate and Community Institute, les deux premières semaines de guerre ont généré près de 5 millions de tonnes de CO₂.

Un bilan carbone équivalent aux émissions annuelles d’un pays entier, révélant une facette souvent ignorée des conflits armés. Le conflit en cours au Moyen-Orient s’illustre déjà par un impact environnemental d’ampleur. D’après les estimations du Climate and Community Institute, environ 5 millions de tonnes de gaz à effet de serre ont été émises au cours des quinze premiers jours de combats.

Ce volume correspond aux émissions annuelles d’un pays comme Islande, mettant en évidence l’empreinte carbone particulièrement élevée des opérations militaires et des destructions associées. Une part importante de ces émissions provient des dégâts infligés aux infrastructures. Selon Patrick Bigger, directeur de recherche au sein de l’institut, près de la moitié du total est liée à la destruction de bâtiments.

La reconstruction de ces infrastructures nécessite l’utilisation massive de matériaux comme le béton et l’acier, dont la production est fortement émettrice de CO₂. Ce processus contribue largement à alourdir le bilan climatique du conflit.

Des stocks d’hydrocarbures et des équipements militaires en cause

Les frappes visant des installations énergétiques constituent une autre source majeure d’émissions. Les incendies et la destruction de réserves de carburant, notamment dans des entrepôts d’hydrocarbures, auraient généré environ 2 millions de tonnes de CO₂.

À ces facteurs s’ajoutent les émissions issues de la destruction d’équipements militaires. Avions de chasse, missiles et drones mobilisés dans les opérations participent également, bien que dans une moindre mesure, à l’augmentation globale des émissions de gaz à effet de serre. Selon les analyses avancées, l’impact carbone de ce conflit équivaudrait à celui des dizaines de pays les moins pollueurs de la planète réunis. Pour Patrick Bigger, cette situation souligne un manque de suivi et de transparence.

Le spécialiste estime en effet que les armées communiquent très peu sur leurs émissions, que ce soit en temps de guerre ou dans leurs activités courantes. Il rappelle notamment que les forces armées américaines figurent parmi les plus grands consommateurs de combustibles fossiles au monde.

Alors que le conflit se poursuit, les perspectives restent préoccupantes. La poursuite des hostilités et la relance des politiques d’armement, notamment aux États-Unis et en Europe, pourraient accentuer encore l’empreinte carbone du secteur militaire.

Ce constat met en lumière une dimension encore peu prise en compte dans l’analyse des conflits : leur contribution au dérèglement climatique. Une réalité qui appelle, selon plusieurs experts, à une meilleure intégration des enjeux environnementaux dans les politiques de défense et de sécurité.

portailinfo

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *