Bénin : présenté à la Criet, le TikTokeur Alain Kenneth remis en liberté en attendant son procès
Le TikTokeur béninois Alain Kenneth a comparu ce lundi devant la Cour de Répression des Infractions Économiques et du Terrorisme (Criet). A l’issue de sa présentation, la juridiction spéciale a décidé de le remettre en liberté sous convocation. Son procès est fixé au 6 avril 2026.
Interpellé la semaine dernière par les forces de l’ordre, le créateur de contenus avait été placé en garde à vue avant la transmission de son dossier à la Criet, compétente notamment en matière d’infractions économiques et de cybercriminalité. Sa comparution de ce lundi visait à statuer sur la suite de la procédure engagée à son encontre.
Au terme des échanges devant le parquet spécial, le juge a opté pour une liberté sous convocation. Cette décision signifie qu’Alain Kenneth reste poursuivi, mais comparaîtra libre à la prochaine audience prévue début avril. Il devra se tenir à la disposition de la justice et répondre à toute convocation jusqu’à l’ouverture des débats au fond.
Deux personnes se sont constituées parties civiles dans cette affaire. Il s’agit de Jessica Glèlè, connue sur les réseaux sociaux sous le nom de « Maman Dilara », et d’un plaignant identifié comme Hermann. Tous deux reprochent au TikTokeur des faits qu’ils estiment attentatoires à leur réputation et à leur tranquillité.
Les poursuites engagées contre Alain Kenneth portent sur des faits qualifiés de harcèlement par le biais de moyens électroniques et de diffamation. Ces infractions sont prévues et réprimées par les textes en vigueur au Bénin lorsqu’il est établi que des propos ou comportements diffusés via les plateformes numériques portent atteinte à l’honneur, à la considération ou à la sérénité d’autrui.
Selon des sources proches du dossier, le prévenu aurait présenté des excuses aux plaignants lors de sa comparution. Un geste qui, sans mettre fin aux poursuites, pourrait peser dans l’appréciation des faits au moment du jugement.
L’affaire intervient dans un contexte où l’usage des réseaux sociaux fait l’objet d’une attention particulière des autorités judiciaires. Les créateurs de contenus, influenceurs et utilisateurs des plateformes numériques sont régulièrement appelés à faire preuve de responsabilité dans leurs publications.
La prochaine audience, fixée au 6 avril 2026, permettra à la juridiction d’examiner le dossier sur le fond. Les débats devront éclairer le tribunal sur la matérialité des faits reprochés, l’intention éventuelle du prévenu ainsi que l’étendue du préjudice allégué par les parties civiles.
En attendant cette échéance judiciaire, Alain Kenneth demeure libre, mais sous le contrôle de la justice. L’issue du procès sera scrutée aussi bien par les acteurs du monde numérique que par les observateurs du système judiciaire béninois, tant elle soulève des questions liées à la liberté d’expression, à la responsabilité en ligne et à la protection de la réputation.

