Conseil de la paix: Trump menace d’imposer une taxe de 200 % sur les vins et champagnes français

Conseil de la paix: Trump menace d’imposer une taxe de 200 % sur les vins et champagnes français

La tension diplomatique entre Washington et Paris a franchi un nouveau palier. Lundi 19 janvier, le président américain Donald Trump a menacé d’imposer des droits de douane de 200 % sur les vins et champagnes français, en réaction au refus de la France de rejoindre le « Conseil de la paix » qu’il souhaite créer. À Paris, ces menaces sont jugées « inacceptables » et incompatibles avec les engagements internationaux de la France, notamment au sein des Nations unies.

Interrogé par des journalistes à Washington sur le refus annoncé d’Emmanuel Macron d’intégrer ce nouvel organe, Donald Trump n’a pas mâché ses mots. « Il a dit ça ? Personne ne veut de lui, parce qu’il sera bientôt sans mandat », a-t-il lancé, avant d’ajouter : « Je vais imposer des droits de douane de 200 % sur ses vins et champagnes, et il rejoindra le Conseil de la paix, mais il n’a pas à le faire. » Une déclaration à la tonalité offensive, qui mêle pression économique et attaque politique personnelle.

Dans l’entourage du président français, on souligne que la France, membre permanent du Conseil de sécurité de l’ONU, n’entend « pas donner de suite favorable » à cette initiative. Selon la présidence, le projet américain « soulève des questions majeures, en particulier quant au respect des principes et de la structure des Nations unies, qui ne sauraient en aucun cas être remis en cause ». Paris plaide au contraire pour un multilatéralisme efficace, fondé sur le cadre onusien existant.

Le chef de la diplomatie française, Jean-Noël Barrot, a confirmé cette position lors d’un débat à l’Assemblée nationale, lundi soir. « À ce stade, la France ne peut donner suite », a-t-il déclaré, estimant que la charte du « Board of Peace » dépasse largement le cadre initialement évoqué, notamment celui de Gaza. « Dans sa rédaction actuelle, elle est incompatible avec les engagements internationaux de la France et son adhésion aux Nations unies », a-t-il insisté.

Au cœur de la controverse figure la nature même du « Conseil de la paix » voulu par Donald Trump. Selon une charte de huit pages consultée par l’Agence France-Presse, cet organe se veut une alternative assumée aux institutions internationales existantes, accusées d’avoir « trop souvent échoué ». Le texte appelle à avoir « le courage » de s’écarter des cadres traditionnels, dans une critique à peine voilée de l’ONU. Le président américain en assurerait lui-même la présidence, entouré de proches collaborateurs, dont son émissaire pour le Moyen-Orient Steve Witkoff, son gendre Jared Kushner et son secrétaire d’État Marco Rubio.

Le document prévoit que les États membres exerceraient un mandat de trois ans, renouvelable par décision du président du Conseil. Plus controversée encore, la clause financière : une place permanente serait conditionnée au versement d’un milliard de dollars, payable dès la première année. Une disposition qui a déjà suscité des réserves. Le Canada a ainsi indiqué qu’il « ne paierait pas pour un siège », tout en se disant disposé à accepter l’invitation.

Donald Trump a formulé ses menaces commerciales dans un contexte déjà tendu avec plusieurs pays européens. Au cours du week-end précédent, il avait évoqué des surtaxes douanières contre des États de l’Union européenne, dont la France, en raison de leur opposition à son projet d’annexion du Groenland. C’est dans ce climat de bras de fer diplomatique que s’inscrit l’ultimatum adressé à Paris.

Sur la scène internationale, les réactions sont contrastées. Plusieurs dirigeants ont confirmé avoir reçu une invitation à rejoindre le « Conseil de la paix », parmi lesquels Vladimir Poutine, Javier Milei, Viktor Orban, Abdel Fattah al-Sissi, Recep Tayyip Erdogan ou encore Luiz Inacio Lula da Silva. Le roi du Maroc, Mohammed VI, a quant à lui accepté de rejoindre l’instance en tant que « membre fondateur », selon la diplomatie marocaine. D’autres pays, à l’image du Canada, avancent avec prudence, sans engagement financier.

À New York, les Nations unies ont tenu à rappeler le cadre initial de cette initiative. Farhan Haq, porte-parole du secrétaire général de l’ONU, a précisé que la création d’un tel organe n’avait été endossée par le Conseil de sécurité que « strictement » dans le cadre du plan de paix pour Gaza. Toute extension de ses missions remettrait en cause l’architecture multilatérale existante.

Pour Paris, la ligne est claire : aucune initiative parallèle ne saurait se substituer au système onusien. En brandissant la menace de sanctions commerciales ciblant un secteur emblématique de l’économie française, Donald Trump ouvre un nouveau front dans les relations transatlantiques. Reste à savoir si cette stratégie de pression suffira à infléchir la position française, ou si elle accentuera davantage les fractures diplomatiques déjà à l’œuvre.

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